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Légende / Description

Crédits: Alexandros Tzortzis (Instagram: @alexandrostzortzis)

Les pieds plats lui font du bien
Le sourcil qui dépasse ne peut pas changer
La ceinture doit être marron et le médecin une femme.


Elle parle de ce qu’elle écrit comme de scènes
Elle la découpe pour que la vie soit vivable nomme les rideaux de velours et les murs de peaux
Trouve ça plus fort quand elle se divise et baisse la tête en s’épelant.


Elle s’excuse de dire ce qu’il faut elle va bientôt changer son nom de gazon pour la rivière
J’ai envie de lui toucher la tempe de ma paume laisser mes doigts lui dire qu’elle est une clairière
Pénétrable qui se renouvelle.


Elle attend les papiers qui lui expliqueront qu’elle a encore le droit de vivre
Dessus on lira qu’elle ne ressemble pas une seconde à celui qui la purge d’elle-même
Je n’y crois pas je veux dire: nous portons les morceaux de nos pères arrangés différemment
Je voudrais lui parler de la manipulation travestie, des escroqueries que j’ai rafraîchies, de son mensonge que j’utilise en étoiles
Je voudrais lui parler des deux lames d’un seul outil. Du même pour le différent des deux manières d’en faire trois je voudrais lui dire de tout vomir sur la table du restaurant où les vedettes se réunissent je voudrais qu’elle dise merci mais non merci à ce qui l’empêche de réorganiser la maison avec ses doigts
Mais on lui a demandé de garder la carte du criminel au cas où ça cogne la nuit, on la retient devant la fourche, les pouces attachés.


Quand la journée s’éteint elle déballe une page fripée et tâte le côté de sa cuisse
Elle est prise entre le feu et la lune elle hurle en mordant la lèvre d’en bas
Elle dit j’ai écrit ça
Ce n’est ni très long ni très bon
Et chaque on est souffrance
Elle se met à lire ce qui arrive
Et chaque ligne chemine jusqu’aux perles
Je veux dire la mienne je veux dire la nôtre je veux dire que la mare s’étend
Ça fait longtemps que la douleur lui fait peur très peur
Mais maintenant quand elle raconte le mal comme un film mon cœur se serre sans s’enfuir dans mes omoplates
Mon ventre reste au milieu mes yeux ne tombent plus vers mon nez
Mes sourcils se tiennent tranquilles, couchés, et mes lèvres ne se touchent plus.
Maintenant je voudrais
Lui prêter chaque trait de mon visage (nos pères s’y tresseraient, muets, ce sont nous qui avons les mots)
Je les déposerais doucement sur sa peau pâle la gaverais du soleil un peu blessé qui se tient parce qu’on l’y aide


J’ai le privilège de faire partie de nous

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