N.

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Légende / Description

Crédits: Alexandros Tzortzis (Instagram: @alexandrostzortzis)

Ce qui a détruit tes colères tes menaces et tes excès
Tous tes doigts pointés sur mon visage et les insultes gratuites des derniers mois
C’est quand tantôt tu as dit: «je dégage demain vous aurez pus ma face de cul».


Ce qui a tué tes ahurissants rots ton éternel gaspillage d’eau tes ordures tombant du balcon
L’odeur de cigarette partout dans l’entrée l’odeur de renfermé qui coulait partout dans la cour
C’est ton visage gris
Ta main abîmée et ta tranche de pain toute seule dans un Tupperware pas de couvercle
Tes yeux creux dans le cadre de porte
Ce moment, le pincement de tes mots, ton naturel en les disant
Tu y croyais.


Il y avait quand même eu tes «ch’taime m’an» criés par la fenêtre ouverte
Ton amour des bébés-chats la manière dont tu portais le tacheté
Tu l’as appelé Paris parce «qu’on avait eu un chien, mais anyway».
Il y avait eu les bulles de petite fierté de petit gars quand «regarde p’a comment que j’ai ben arrangé ça»
Ta table ton banc tes pauvres pots de fleurs
On ne t’y a jamais vu.
Tout l’été je me suis demandé si c’était wise de sauver ce que tu avais adopté
Et abandonné
S’il ne fallait pas plutôt te laisser regarder tes fleurs mourir de ne pas avoir été nourries
Finalement je les ai arrosées une couple de fois.
C’était déjà trop tard.
C’est quelque chose
Que je connais tu sais.


Il y avait eu tes presque-pleurs dans ton «crisse toutte va mal j’voulais au moins ça», ton long corps perdu au centre de la cour qu’on partage
Tu avais décidé de sacrer un spa en plein milieu on avait refusé tu nous as vomi ta rage dessus
Tu voulais juste ça câlisse de tabarnaque d’estie.


Il y avait pour vrai eu des espaces de tendresse
Des traces de velours dans ta rudesse il y avait eu des petites éclaircies
En forme de l’humain que de ton mieux tu es
J’ai voulu m’y coucher je te jure j’aurais tellement tellement aimé que ça revire mon cœur de bord que la splitte de l’attendrissement dépasse le dérangement
Normalement ça le fait normalement je ne force jamais
Normalement les détails ne me cachent pas l’essence normalement je vois bien les comportements à côté de l’être
Mais avec toi les portes d’entrée n’arrêtaient pas de claquer, mes ongles de craquer aux pentures, mais avec toi ce mal de difficilement arriver à t’aimer
Tu m’avais trop souvent explosée.
J’ai peur de l’imprévisible intensité ma porte-patio de poitrine est lourde depuis cet été. Moi aussi N. je suis craquée.


Il y avait eu des brins de beau dans le repoussoir que tu étales devant toi comme un tapis rouge retourné. Je les ai vus je te promets je les ai répétés dans ma tête pendant que tu hurlais tes down de drogue à travers le plancher de notre plafond
Je l’avais vue ton armure jusqu’aux genoux je le savais que c’était vraiment pas les ratons laveurs que tu voulais tuer avec ton gun à l’eau
Mais c’était comme pas assez
L’agression suait trop de toute ta peau j’étais rendue à t’aimer à peine
Juste à peine et de si loin, ça m’élance de l’écrire maintenant


Je suis désolée
D’avoir laissé ta souffrance me souffrir
Peut-être que tous ces rappels de ton humanité, toutes ces pointes émoussées
Travaillaient vers ce moment
Peut-être qu’ils m’ont préparée à la violence résignée de ces mots dans ta bouche aujourd’hui, peut-être que c’est à ça qu’ils servaient en secret
Même si je n’ai jamais eu l’impression de les utiliser correctement, pour notre mieux commun
Dieu tricote souvent sans qu’on comprenne le tricot jusqu’à ce qu’un chandail aux mailles claires se prenne dans le cadre de porte
La détresse de ta «face de cul» ce soir
A même pulvérisé ta négligence des chats, si tu me connaissais tu mesurerais toute la grandeur de ça pour moi


Tu as plissé tes yeux une grimace est née
Sous le masque où aujourd’hui je n’ai plus seulement su, mais vu
À quel point tu étouffes.


Tu t’es retourné as grimpé l’escalier fort comme d’habitude je n’entendais plus rien j’aurais voulu te dire le post-it que je collerai demain sur la porte où t’as obstrué l’œil-de-bœuf avec un vieux masking tape

«Tes mots m’ont touchée hier soir, je te souhaite du mieux».

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